Yann Piller, développeur de jeux vidéos

Fan de jeux vidéo, Yann Piller a eu envie d’en créer lui-même. Comme c’est la programmation qui l’intéresse, il a commencé par obtenir un bachelor HES en informatique. Maintenant, au sein de sa start up, il met en pratique ce qu’il a appris pour créer un jeu video, et en parallèle il poursuit ses études en faisant un master à mi-temps.

Yann Piller, développeur de jeux vidéos

Yann Piller, développeur de jeux vidéos. (Image: Rédaction SimplyScience.ch)

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Formation

Ingénieur-e HES en informatique

L'ingénieur-e HES en informatique conçoit, planifie, développe et exploite des solutions informatiques fiables, ergonomiques, sûres et répondant aux besoins des utilisatrices et utilisateurs. Il/elle conçoit et développe des applications mobiles sur tablettes et smartphones, des systèmes d'information pour les entreprises, des applications web et des applications distribuées (cloud). Il/elle doit maîtriser les aspects sécurité et fiabilité ou encore concevoir et gérer des systèmes pour le stockage et l'analyse des données. Il/elle développe des algorithmes de simulation, d'optimisation, de traitement de larges quantités de données (big data), de traitement d'images ou de réalité virtuelle et augmentée. Il/elle construit et programme des systèmes informatiques destinés à l'automatisation et met en place et gère des réseaux informatiques sûrs et fiables.

Perspectives professionnelles

Petites et moyennes industries, sociétés de services, constructeurs d'ordinateurs, administrations, banques, assurances, écoles professionnelles, écoles techniques, hautes écoles. Ils/elles peuvent occuper des postes de responsable de projet d'un centre informatique ou responsable de groupe dans un département de recherche et développement. Ils/elles peuvent aussi fonder leur propre société de développement, de conseils ou autre.

Bachelor (HEIA Fribourg)

1e année: informatique de base, langues, communication et gestion, mathématiques, téléinformatique, technique numérique.

2e année: algorithmique, base de données, génie logiciel, projet et gestion de projets, systèmes embarqués et systèmes d’exploitation, maths et sciences pour informaticiens, systèmes d’information et applications mobiles.

3e année: information avancée, information appliquée, projet de semestre, spécialisation selon l’orientation : système d’information ou applications mobiles. Travail de bachelor.

Informations détaillées ici.

Conditions d'admission

Admission sans examen: Certificat fédéral de capacité (CFC) dans une profession apparentée et maturité professionnelle; CFC d’un autre domaine et un an de pratique professionnelle dans un domaine correspondant aux études et maturité professionnelle; maturité gymnasiale et 1 an de pratique dans un domaine correspondant, ou passerelle.

Autres possibilités d’admission dans certaines écoles.

Formations apparentées
  • «Informatique» (bachelor) à la Haute école ARC, 3 orientations possibles: développement logiciel et multimédia, informatique industrielle et embarquée, informatique industrielle et embarquée (formation internationale)

  • «Informatique» (bachelor) à la Haute école d'ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), 3 orientations possibles: système de gestion, informatique embarquée, logiciel.

  • «Ingénierie des technologies de l’information» (bachelor) à la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture (HEPIA), 3 orientations: logiciels et systèmes complexes, informatique matérielle, communications, multimédia et réseaux.

  • «Informatique» (bachelor) à la Haute école spécialisée bernoise, Technique et Informatique (BFH-TI), 4 orientations possibles: Mobile computing, IT-security, Web and business applications, Computer perception and virtual reality.

Quelles études avez-vous faites?
J’ai fait mon Bachelor en informatique à la Haute école d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR). En ce moment, je fais mon Master HES-SO dans le domaine de l’informatique à 50%.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier?
J’ai choisi d’étudier l’informatique car j’aimais déjà bricoler les ordinateurs. Le fait de pouvoir automatiser et créer des comportements de l’appareil me fascinait. En jouant aux jeux vidéo, j’ai eu envie d’en faire car on peut créer un monde complet.

Quels souvenirs positifs ou négatifs gardez-vous de vos études?
Ce qui m’a plu dans les études, c’est le fait d’apprendre beaucoup de nouvelles choses et le contact avec les autres étudiants. Personnellement, j’ai beaucoup appris sur le travail en groupe et sur l’entraide. Par contre ce que j’ai moins apprécié, c’est la grosse charge de travail pendant un laps de temps limité. C’était parfois difficile, mais avec un peu de recul je me rends compte que cela m’a permis d’apprendre à travailler avec des contraintes, une compétence qui me sert beaucoup aujourd’hui.

Comment s’est passé votre entrée dans la vie professionnelle?
La transition entre études et vie professionnelle s’est faite progressivement pour moi. Quand j’ai achevé mon Bachelor, j’ai entamé mon Master mais à 50%. Ainsi, j’ai pu travailler à mi-temps en tant que collaborateur scientifique à la HEIA-FR et acquérir une expérience professionnelle tout en continuant mes études. Je n’ai jamais eu d’occasion de faire de stage dans le domaine du jeu vidéo pendant mes études pour la simple raison que ça n’existait pas.

En quoi consiste votre travail aujourd’hui?
Actuellement, je travaille à 50% dans ma start up Oniroforge à côté de mes études de Master. Mon travail consiste à développer un jeu vidéo. En d’autres termes, je vais traduire toute les règles du jeu sous forme de code informatique et je crée la logique de l’environnement. Par exemple je vais mettre en place les règles de la physique, l’intelligence artificielle et les interactions du joueur.

Pouvez-vous décrire une de vos journées de travail?
Le matin lorsque j’arrive au travail, nous discutons toujours de ce qui a déjà été fait la veille et ce que l’on va faire la journée. C’est très important la communication avec ses collègues sur le projet. Ensuite, je passe environ 60% de la journée à coder le jeu et le reste à le tester soit pour voir s’il y a des bugs, soit pour voir si les règles que nous avons mises sont équilibrées. Après ces tests, nous discutons ensemble si les fonctionnalités que nous avons ajoutées sont pertinentes.
Lorsqu’on a fini suffisamment de fonctionnalités (environ tous les 2 mois), nous organisons des séances de test avec des personnes externes ou lors d’évènements publics ou des salons comme le Polymanga. Il est très important de pouvoir faire tester le jeu à un public qui n’y a encore jamais joué pour avoir toujours un avis neuf. Après ce genre d’événement, nous modifions le jeu selon les résultats des tests que nous avons fait.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail?
J’apprécie beaucoup de côtoyer une grande variété de domaines différents de mon métier de base. Par exemple, je travaille régulièrement avec des concepteurs artistiques ou des sound designers. C’est très enrichissant et ça me permet de travailler au-delà de la simple programmation. Voir le jeu prendre forme est vraiment satisfaisant. C’est comme si je créais mon propre monde. D’autre part, pour promouvoir ou faire tester le jeu, avec Oniroforge nous allons dans des conventions. Cela nous permet de rencontrer beaucoup de gens d’horizons différents. C’est un aspect de mon travail qui me plaît bien.

Est-ce difficile de programmer un jeu vidéo?
Programmer un jeu vidéo ce n’est pas facile mais c’est moins difficile que dans les années 90. Nous avons maintenant les outils de développement qui n’existaient pas à cette époque, des outils qui facilitent grandement le travail. Mais programmer un jeu vidéo reste complexe. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte et de nombreuses contraintes. En tant que programmeur, il faut programmer le fonctionnement du jeu mais il faut aussi faire en sorte que les dessins ou modèles 3D s’intègrent et s’animent parfaitement. Et rendre les choses vivantes avec une machine aussi «mathématique» que l’ordinateur est tout un art. C’est comme si on voulait donner des émotions à un personnage avec des formules mathématiques. Mais tout ça rend ce métier très intéressant.

Que diriez-vous à un-e jeune qui rêverait de suivre le même parcours que vous?
Comme en Suisse il n’y a pas beaucoup de formations spécialisées dans le domaine du jeu vidéo, je conseille aux jeunes de faire des études ou un apprentissage dans le domaine qui leur plaît. Comme faire des études en programmation, si on veut programmer un jeu ou alors des études en conception artistique si on veut plutôt faire les graphismes du jeu.
Par la suite, je conseille tout simplement de commencer à créer de petits jeux seul ou en équipe pour expérimenter. C’est en créant des jeux que l’on arrive à devenir bon. Je recommande de participer à des game jams (exercices de création de jeu vidéo sous contraintes de temps) avec des gens qui ont de l’expérience. De cette manière, on apprend vraiment beaucoup des autres et on acquière vite de l’expérience. Et enfin le dernier conseil est d’aller à la rencontre de la communauté suisse de développement de jeux vidéo. Ses membres sont ravis de partager leur expérience avec les novices.

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