Marc Brossard, étudiant en microtechnique

Après un apprentissage d'automaticien, Marc Brossard décide d'approfondir ses connaissances en se lançant dans des études de microtechnique à l'EPFL. Nanotechnologie et robotique sont deux domaines qui le passionnent.

Marc Brossard, étudiant en microtechnique

Image: © Rédaction SimplyScience.ch

Peux-tu te présenter?
Je m’appelle Marc Brossard, j’ai 21 ans. J’ai fait un apprentissage d’automaticien en trois ans avec une maturité professionnelle intégrée. Ensuite j’ai fait une année de raccordement à l’EPFL, avec beaucoup de maths, qui permet d’entrer en 1ère année sans avoir fait le gymnase. Je suis actuellement en deuxième année de microtechnique à l’EPFL.

 

 

 

Infobox

Formation

Ingénieur-e en microtechnique (EPFL)

L’ingénieur-e en microtechnique crée, fabrique ou utilise des appareils, des systèmes et des composants pour produire des objets de plus en plus petits. Ces objets miniatures sont produits par des machines, qui elles-mêmes intègrent souvent des composants et des appareils produits grâce à la microtechnique. De nombreuses disciplines se combinent dans la microtechnique: électronique, informatique, chimie, mécanique, optique et science des matériaux. L’ingénieur-e en microtechnique assume souvent le rôle de chef-fe de projet: il/elle doit être créatif, savoir communiquer, convaincre, prendre des risques, gérer et dynamiser une équipe.

Perspectives professionnelles

Dans l’industrie, il existe de nombreux domaines d’application pour l’ingénieur-e en microtechnique: fabrication d’appareils et instruments de toutes sortes, robotique, télécommunications, informatique, électronique, horlogerie, technologie médicale, optique, biotechnologie, technologie des moyens de transport, technologie spatiale, etc. Il/elle peut aussi travailler dans la recherche et explorer ou mettre au point des structures à l’échelle de quelques molécules ou atomes.

Bachelor
  • 1e année: mathématiques, physique, informatique, chimie. Cours théoriques, exercices et travaux pratiques. Introduction aux sciences de l’ingénieur: électronique, science des matériaux, sciences du vivant, information, calcul, communication, mécanique, programmation, enjeux mondiaux. Informations détaillées ici.
  • 2-3e année: essentiellement des cours en sciences de l’ingénieur, par exemple: chimie des surfaces, conception de mécanismes, électronique, matériaux, microcontrôleurs, systèmes, automatique, circuits, composants, ingénierie, conception de produits, industrialisation, etc. Informations détaillées ici.
Master
  • Master en «microtechnique», avec approfondissement dans l’une des quatre orientations suivantes: optique appliquée, micro- et nano-systèmes, robotique et systèmes autonomes, techniques de production. Deux projets de semestres, deux projets en sciences humaines et sociales, projet de master de 4 mois et stage en entreprise d’une durée minimale de 2 mois.
  • Informations détaillées ici.

 

Conditions d'admission en première année
  • Admission sans examen: certificat cantonal ou fédéral de maturité gymnasiale ou diplôme d’une HES.
  • Réussite d’une année préparatoire requise: titulaires d’une maturité professionnelle.
Formations apparentées

Pourquoi avoir choisi la microtechnique?
Au départ, je voulais devenir pilote professionnel mais les problèmes de vue m’en ont empêché. Comme je m’intéressais à la technique, j’ai choisi un CFC dans un domaine technique, tout en sachant que j’allais continuer à étudier après. La formation d’automaticien était une bonne option car elle était variée et ouvrait de nombreuses portes. Mes études en microtechnique sont  un prolongement assez direct à la formation d’automaticien, mais axé sur la recherche. Cette formation donne accès à de nombreux domaines, comme la robotique ou les nanotechnologies.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans tes études de microtechnique?
J’aime comprendre le fonctionnement des choses et en découvrir de nouvelles, plutôt que d’appliquer des choses qui sont déjà connues. En deuxième année, j’ai des cours intéressants comme par exemple l’électronique, ou les systèmes logiques que j’apprécie beaucoup car cela s’approche de la logique des machines. Je me réjouis du semestre prochain, car il y aura des matières passionnantes comme la conversion électromécanique, qui «matérialise» l’énergie électrique, qui est très «abstraite», en mouvements visibles et quantifiables. Ou le cours sur les microcontrôleurs où je vais apprendre des langages de programmation très proches de la machine.

Quels domaines de la microtechnique te passionnent particulièrement?
Les nanotechnologies me passionnent parce que les règles physiques qui s’appliquent habituellement à la matière ne sont plus valables à cette échelle. L’autre domaine qui m’intéresse beaucoup est la robotique, autant les petits robots qui communiquent entre eux que les gros robots industriels. J’aime beaucoup programmer les robots et voir l’effet que cela a sur leurs mouvements.

A quoi pourraient servir ces robots?
Les robots pourraient aider l’humain à accomplir certaines tâches, ou servir de modèle pour comprendre le fonctionnement de l’être humain. Par exemple, une doctorante de l’EPFL  cherche à développer un simulateur pour les opérations chirurgicales. Ce simulateur permettrait aux médecins de s’entraîner autrement que sur des cadavres. Je trouve ce projet passionnant parce que c’est à la fois de la recherche et en même temps cela va apporter quelque chose de concret aux médecins dans les prochaines années.

Quelles perspectives vois-tu dans les nanotechnologies?
Dans le domaine des matériaux, on cherche par exemple à fabriquer des processeurs plus performants. Mais ces recherches en sont encore au tout début, je pense que pour le moment il y a moins de débouchés industriels qu’en robotique par exemple. Les nanotechnologies trouveront aussi des applications dans le domaine médical, par exemple pour remplacer des artères endommagées par des nanotubes ou pour fabriquer un cœur artificiel.

Mais ces technologies ne sont-elles pas trop chères pour une application médicale?
C’est aux ingénieurs HES de trouver comment réduire les coûts de production. Au niveau des EPF, on développe des solutions qui marchent, quel que soit le coût. Cela m’aurait bien plu aussi de rendre accessible des technologies développées par les ingénieurs EPF. D’ailleurs c’est pour cela que j’ai hésité entre l’EPFL et une HES pour me former en microtechnique.

Est-ce que tu conseillerais à un-e jeune avec une maturité professionnelle comme toi de tenter la passerelle pour entrer à l’EPFL?
S’il ou si elle a des notes entre 5.5 et 6 en maths sans travailler beaucoup, je tenterais. Sinon, je ne crois pas car l’année de transition est vraiment très difficile. Par contre après cette année de passerelle, la première année d’EPFL est plus détendue, car on a déjà un bon niveau de maths. Mais c’est un cursus que je conseille car cela apporte une autre vision des choses que si on a fait le gymnase avant. On a déjà une expérience pratique qui nous donne une vision plus intuitive des choses. Les industriels reprochent souvent aux ingénieurs EPF leur manque d’expérience de terrain. Donc c’est un atout d’avoir acquis cette expérience et aussi la connaissance du monde industriel pendant le CFC.

Qu’est-ce que tu aimerais faire à la fin de tes études?
J’aime beaucoup enseigner, alors je me verrais bien devenir professeur au niveau universitaire, même s’il faut pour cela parcourir un long chemin. Mais avant d’enseigner, j’aimerais faire de la recherche ou travailler en entreprise pour acquérir de l’expérience pratique.

 

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