Francesca Siclari, Docteure rêves

La Dre Francesca Siclari s’intéresse au sommeil et aux rêves. Après des études de médecine à l’Université de Genève, elle s’est spécialisée en neurologie au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV) et en médecine du sommeil et électro-encéphalographie à l’Hôpital Universitaire de Zürich. Elle est ensuite partie aux États-Unis pour y faire de la recherche avant de revenir au CHUV pour y travailler comme cheffe de clinique et chercheuse.

Francesca Siclari étudie les rêves

Francesca Siclari (Image: © Philippe Gétaz / CHUV)

Infobox

Formation

Médecin spécialiste en neurologie (UNI)

Le/ la médecin spécialiste en neurologie (neurologue) diagnostique et traite les maladies et les dysfonctions affectant le système nerveux central ou périphérique et la musculature. Il/ elle accompagne également les patients atteints de maladies neurologiques incurables ou débilitantes. Au sein des hôpitaux universitaires, le/ la médecin peut aussi conduire ou participer à des travaux de recherche, études cliniques, etc. et encadrer des jeunes médecins en formation. Dans ce cadre, il/ elle travaille souvent en équipe pluridisciplinaire avec d’autres professionnels de la santé. Plus tard dans sa carrière, il/ elle peut aussi enseigner à l’Université

Perspectives professionnelles

Hôpitaux, cliniques, cabinets privés, instituts de recherche ou de formation.

Bachelor en médecine humaine (UNIGE)
  • 1e année: sciences fondamentales, sciences biomédicales de base, personne, santé, société, médecine interne générale ambulatoire, cas de liaison, statistiques pour médecins.
  • 2e année: sciences médicales de base, croissance et vieillissement cellulaire, nutrition, digestion et métabolisme, reproduction, cœur et circulation, excrétion et homéostasie, respiration. Compétences cliniques, dimension communautaire. Cours à option. Stage d’introduction à la médecine interne générale et ambulatoire.
  • 3e année: introduction au système nerveux, perception, émotion et comportement, os et articulations, défenses et immunité, infections, immersion en communauté. Compétences cliniques, dimension communautaire. Cours à option.
  • Informations détaillées ici.

Master en médecine humaine (UNIGE)
  • Le Master se fait en majeure partie au sein d’un hôpital.

  • 1e et 2e années: introduction à la démarche clinique, rotations (stages) dans les grands services cliniques (médecine interne, chirurgie, pédiatrie, médecine communautaire et de premier recours, psychiatrie, gynécologie et obstétrique), découverte des spécialités (neurologie et neurochirurgie, dermatologie, ophtalmologie, oto-rhino-laryngologie, urgences et médecine intensive). Enseignement transversal: radiologie, pathologie, pharmacologie clinique, médecine légale et éthique médicale. Rédaction d’un travail de mémoire.

  • 3e année: stages pour acquérir de l’expérience pratique et approfondir les connaissances dans les disciplines choisies en fonction des futurs objectifs professionnels.

  • Informations détaillées ici.

Formation post-graduée (spécialisation)

Pour pouvoir exercer en Suisse, le diplôme fédéral de médecin (Master en médecine humaine) ne suffit pas. Il faut obtenir un titre de médecin spécialiste. La formation théorique et pratique pour devenir médecin spécialiste en neurologie se déroule dans des cliniques universitaires de neurologie, services de neurologie des hôpitaux ou cliniques cantonaux. La formation post-graduée dure 6 ans.

Informations détaillées pour la spécialisation en neurologie ici.

Conditions d’admission en 1e année (bachelor)

Admission sans examen: certificat fédéral de maturité gymnasiale, bachelor d’une HES ou d’une HEP, bachelor universitaire.

Formations apparentées

Pourquoi avez-vous étudié la médecine?
J'ai toujours eu une certaine curiosité envers le corps humain. Comme enfant, je me demandais souvent de quoi le corps humain était fait et comment il marchait. En suivant des études de médecine, j'espérais obtenir des réponses à ces questions.

Le cerveau et les rêves, un sujet qui vous passionne depuis toujours?
Oui. Les rêves ne cessent de m'émerveiller. Pourquoi rêve-t-on? Comment notre cerveau est-il capable de créer de si longues et si bizarres histoires toutes les nuits, si rapidement et de façon totalement involontaire? J'ai décidé d'orienter mes recherches sur ce thème pour obtenir des réponses à ces questions.

Qu’est-ce qui vous a plu ou déplu pendant vos études?
J'ai adoré mes études de médecine. Je me rappelle de nombreux moments de satisfaction et de plaisir, quand j'ai commencé à comprendre le fonctionnement d'un organe par exemple, ou le mécanisme à la base d'une maladie, ou quand j'ai pu examiner la première fois un patient. Bien sûr, il faut travailler beaucoup et apprendre à bien gérer le stress, mais dans l'ensemble je dirais qu'on est largement récompensé.

Que vous a apporté votre séjour aux États-Unis?
J'ai décidé d'aller aux États-Unis pour travailler dans un laboratoire de recherche qui était à la pointe dans l'étude des rêves et de la conscience. J'ai pu apprendre de nouvelles techniques d’investigation pour étudier les rêves et voir comment on fait de la recherche à un haut niveau. Ce séjour m'a ouvert l'esprit et m'a fait connaître beaucoup d'autres chercheurs du monde entier avec qui je peux échanger des idées.

Vous êtes médecin, mais aussi chercheuse. Pourriez-vous décrire ces deux aspects de votre métier?
Pendant 50% de mon temps, je vois des patients qui ont des troubles du sommeil, comme par exemple des personnes qui n'arrivent pas à dormir ou au contraire qui dorment trop, ou qui ont des comportements particuliers pendant la nuit qu'on appelle des parasomnies. Je les examine et leur fais passer des tests du sommeil pour arriver à un diagnostic et pouvoir leur proposer une thérapie. Pendant l’autre moitié de de mon temps, j'essaie de comprendre les conditions associées à des rêves ou des comportements inhabituels en lien avec les rêves. Je propose à ces personnes de participer à des projets de recherche, pendant lesquels j'enregistre leur activité cérébrale et les réveille pour leur demander à quoi elles étaient en train de rêver. J'essaie ensuite de trouver une correspondance entre le type de rêve et le tracé d'activité cérébrale.

Envie d’en savoir plus sur les rêves? Regarde cette vidéo: la Dre Francesca Siclari répond à de nombreuses questions, y compris peut-être celles que tu te poses.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail?
J'aime écouter mes patients, récolter leurs rêves et leurs expériences. J'ai de la chance de pouvoir combiner mon travail de chercheuse et de médecin dans un domaine qui me passionne. J'aime aussi enseigner et collaborer avec d'autres chercheurs.

Quel est le rôle d’une cheffe de clinique?
On utilise le terme chef-fe de clinique pour désigner un médecin qui a fini sa spécialisation (neurologie dans mon cas), et qui peut encadrer des médecins assistants.

Avez-vous rencontré des difficultés dans ce milieu parce que vous êtes une femme?
Oui. J'ai l'impression que dans ce milieu, les femmes se laissent plus facilement décourager que les hommes quand elles rencontrent des difficultés. Elles en rencontrent aussi plus que les hommes! Elles tendent aussi à prendre les choses plus personnellement et à prendre moins de risques. Cela a été le cas pour moi, mais j'apprends tous les jours à me faire plus confiance. D'un autre côté, j'ai aussi pu bénéficier de certaines choses justement parce que je suis une femme. J'ai par exemple obtenu la bourse pro-femmes du CHUV et de l'Université de Lausanne qui m'a permis de poursuivre mes recherches sur les rêves après mon retour en Suisse. J'en suis très reconnaissante.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière?
Je souhaite continuer à faire ce que je fais déjà: de la recherche dans le domaine du sommeil et des rêves.

Auriez-vous un conseil à donner à un-e jeune que votre parcours inspirerait?
Ne vous laissez pas décourager! Laissez-vous guider par votre curiosité et votre passion!

 

Texte: Francesca Siclari et Rédaction SimplyScience.ch
Sources principales (encadré formation): Portail suisse de l’orientation professionnelle, Université de Genève.

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