De la gestion du trafic aux cosmétiques pour hommes

Torben Girault est ingénieur en génie civil, spécialisé dans le trafic. On s’attendrait donc à ce qu’il travaille par exemple à améliorer la cohabitation entre automobilistes, cyclistes et piétons dans nos villes. Ce qu’il a fait pendant deux ans avant de cofonder son entreprise dans un domaine bien différent. Celui des produits de soin pour hommes!

Portrait de Torben Girault

Portrait de Torben Girault.

Quelles études avez-vous faites?

J’ai commencé par des études en sciences des matériaux à l’EPFL. Après deux années à Lausanne, j’ai voulu changer de décor et de cursus. Je suis donc allé à Zürich à l’ETH pour étudier en génie civil avec une spécialisation dans le trafic. J’ai eu la chance de pouvoir réaliser mon travail de master à l’Université Penn State aux Etats-Unis.

Pourquoi avoir choisi les sciences des matériaux?

En sortant du gymnase à Lausanne, je ne savais pas trop quelle voie d’étude choisir, j’ai donc suivi une passion. Je navigue sur des bateaux à voile depuis ma plus tendre enfance. Lors d’une journée destinée aux gymnasiens, la section sciences des matériaux de l’EPFL avait présenté les recherches faites sur le fameux bateau d’Alinghi, vainqueur de la coupe de l’America. Mon choix était fait.

Mais vous avez changé d’idée en cours de route, pourquoi?

Le cursus proposé à l’EPFL offrait la perspective d’appliquer mon savoir a des instruments de sport et cela me plaisait beaucoup. Mais j’ai voulu partir de Lausanne pour découvrir autre chose et le cursus en sciences des matériaux à Zurich était moins adapté à mes envies. Finalement, j’ai trouvé mon bonheur dans la planification du territoire et le trafic. J’ai beaucoup aimé les opportunités que l’ETH offre au niveau des échanges à l’étranger ainsi que la vie associative sur le campus.

Avez-vous pu acquérir une expérience pratique pendant cette période?

Dans mon domaine, je n’ai pas pu acquérir beaucoup d’expérience. De ma propre initiative, j’ai travaillé chez Red Bull à 20 % pendant 5 ans à la promotion de la marque auprès des étudiants. Pendant l’été, j’étais professeur de kitesurf.

Comment s’est passé la transition vers la vie professionnelle?

Rien de plus simple, avant même mes derniers examens j’ai reçu un e-mail de B+S AG, qui cherchait des ingénieurs en trafic. Après l’avoir rencontré, le chef de la section trafic m’a directement proposé un job que j’ai tout de suite accepté. Il y avait une clause dans le contrat, il fallait que je finisse mes examens et que j’empoche mon diplôme avant de commencer chez eux.

Est-ce que vous travaillez toujours dans cette entreprise?

Non, j’y ai travaillé pendant deux ans. Actuellement, je suis directeur marketing chez Qaveman, la première marque suisse de soins pour hommes. En tant que co-fondateur de l’entreprise, je suis un peu au four et au moulin. La promotion de nos produits auprès des grands partenaires est une de mes tâches principales. La visibilité est importante, c’est pour ça que nous sommes présents par exemple chez Manor, QoQa et Swiss. Comme nous faisons aussi de la vente directe sur notre site internet, mon job consiste aussi à créer du contenu insolite pour faire parler de nous sur les réseaux sociaux (voir encadré ci-dessous).

Envoi d’un test de crème hydratante dans l’espace

Le tube de crème supporte-t-il les changements de pressions? Pour le savoir, les ingénieurs de Qaveman l’ont envoyé dans la stratosphère grâce à un ballon rempli d’hélium. Une caméra embarquée a filmé le voyage et une sonde GPS a permis de localiser le dispositif au sommet d’un arbre à son retour sur Terre. Il a fallu faire appel à des professionnels pour aller récupérer le matériel y compris le tube de crème, intact.

Le marketing, ça n’a pas grand-chose à voir avec vos études d’ingénieur!

C’est vrai, mais pendant mes études et mon job en tant qu’ingénieur en génie civil j’ai appris la gestion de projet, à savoir prioriser et collaborer. C’est très utile. Actuellement nous sommes six dans l’équipe et chacun s’occupe d’un domaine précis mais beaucoup de projets sont interdisciplinaires et requièrent le savoir-faire de tous.

Il y a d’autres ingénieurs dans votre entreprise?

Oui Julien, le co-fondateur de la start-up, a aussi étudié les sciences des matériaux à l’EPFL puis à Zurich. Après il s’est spécialisé en économie. On a organisé une course de ski ensemble à l'EPFL donc on savait qu'on pouvait bien travailler ensemble. Alexis est ingénieur électricien et a fait un master en management. Les autres ont des backgrounds différents.

Pas de spécialiste en cosmétiques dans votre team?

Non, c'est un fournisseur à Chatel-St-Denis qui développe les recettes de nos produits selon nos besoins.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail?

La diversité des tâches est certainement un des points forts. C’est aussi très intéressant de nouer des contacts dans un monde nouveau et découvrir les possibilités qui s’ouvrent à nous grâce au fait que nos produits sont en complet décalage avec ce qui se fait sur le marché.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière?

Difficile à dire à ce stade. Dans une start-up, on travaille sur une vision et un plan de croissance sur plusieurs années. On est conscient aussi du risque que l’on prend et que l’aventure pourrait s’arrêter prématurément. Heureusement ce n’est pas le cas chez nous car notre croissance suit exactement le plan que l’on s’était fixé et que l’on a communiqué aux investisseurs. On est vraiment à fond sur le projet et c’est ce qui compte en ce moment.

 

Texte: Torben Girault et Rédaction SimplyScience.ch

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