A Paris pour la «Science Ac»

Sept lycéennes de Neuchâtel se sont rendues à Paris pour participer au congrès de la Science Académie. L’occasion pour elles de rencontrer d’autres jeunes, de partager leur enthousiasme pour les sciences et de se poser des questions sur le fonctionnement de la recherche.

Une participante au congrès de la Science Académie

Une participante française au congrès de la Science Académie à Paris. Elle s'est intéressée aux différentes manières d'aborder une question dans le domaine de la santé selon la spécialité des chercheurs. (Image: © Jacques Ducommun)

Présenter son travail de maturité à Paris!

Depuis 2010, les lycéens (ndlr: appelés aussi gymnasiens ou collégiens dans d'autres cantons suisses) neuchâtelois ont la possibilité d’effectuer un stage de 6 mois dans un laboratoire de recherche pendant leur travail de maturité, à raison d’un demi-jour par semaine. Une cinquantaine de jeunes ont ainsi bénéficié de cette immersion dans la science grâce au programme PROVOC. Les responsables de la «Science Académie», un programme similaire en France, ont invité les 7 jeunes filles de la dernière volée à leur congrès annuel le 17 mai 2014 afin d’y présenter leurs travaux dans la Ville Lumière. La veille du congrès, elles ont fait la connaissance de Camille, la jeune et entreprenante responsable de la Science Académie, en partageant un repas avec elle sur la Butte aux Cailles.

Du faux vent pour de vraies études scientifiques

On utilise ces maquettes dans la soufflerie

Maquettes utilisées en soufflerie pour tester l’aérodynamisme de la carrosserie des voitures. (Image: © Jacques Ducommun)

Le lendemain matin, elles ont découvert le Laboratoire Aérodynamique Eiffel en compagnie de Martin Peter. On y mène des travaux de recherches sur des maquettes. On analyse par exemple comment la forme des automobiles influence leur stabilité et leur résistance à l’air. On étudie aussi l’action du vent sur diverses structures (par ex. bâtiments, ponts, éoliennes, panneaux solaires et antennes), la ventilation des habitations et la dispersion des polluants par le vent. Dans la soufflerie, qui peut produire des vents de 0 à 30 m/s (0 à 108 km/h), les lycéennes ont senti le vent de l’hélice bousculer leur chevelure! Quoi de mieux pour appréhender l’aérodynamique que de se plonger dans une bourrasque artificielle?

Partager sa passion des sciences avec d’autres jeunes

Discussion autour du poster traitant de la place de l'eau dans l'univers

Un bachelier français discute de son poster (place de l’eau dans l’univers) avec d’autres participants au congrès de la Science Académie à Paris. (Image: © Jacques Ducommun)

L’après-midi, elles ont été chaleureusement accueillies à l’Ecole Normale Supérieure, où avait lieu le congrès. Les jeunes, provenant de France, d’Italie et de Suisse, ont présenté leurs travaux aux autres participants en s’aidant des posters qu’ils avaient amenés. L’ambiance était vraiment au beau fixe et le public attentif et motivé. Les sujets de recherche étaient très variés. Les bacheliers français avaient par exemple étudié les restes de plantes en archéologie, les techniques pour prélever les bactéries du sol, l’histoire du moteur électrique, l’apprentissage des bébés au contact de tablettes numériques, la définition de la femme parfaite selon les contes de fées, la place de l’eau dans l’univers et la diversité des chercheurs dans les métiers de la santé.

 

Discussion autour du poster traitant de thérapie photodynamique dans le traitement du cancer

Une lycéenne neuchâteloise explique son poster (chimie appliquée au traitement du cancer) à une autre participante. (Image: © Jacques Ducommun)

Les lycéennes suisses avaient conduit notamment des recherches sur la dengue et la maladie de Chagas au Brésil, les substances ou techniques utilisées pour le traitement des cancers et la détermination de l’âge du bois des instruments de musique. Quelques exposés étaient aussi au menu du congrès et j’en ai profité pour présenter le programme PROVOC à mes homologues européens. Le congrès s’est terminé dans la bonne humeur avec un apéritif, qui a permis aux jeunes, aux chercheurs et aux responsables d’échanger encore une fois autour du verre de l’amitié!

 

 

S’interroger sur l’éthique de la recherche

Les lycéennes suisses en visite à la Cité des Sciences et de l'Industrie

Les lycéennes neuchâteloises en visite à la Cité des Sciences et de l’Industrie. De gauche à droite: Valentine, Beatriz, Dakota, Ariadna, Elodie, Inès et Marianne. (Image: © Jacques Ducommun)

Au programme du dimanche, une visite de la Cité des Sciences et de l’Industrie à la Villette. Les lycéennes ont plongé dans l’univers des techniques et réfléchi aux dimensions éthiques de la recherche scientifique en biologie. Elles ont été interpelées et ont débattu des questions abordées dans l’exposition conçue par le généticien Axel Kahn. Nos comportements et nos pensées sont-ils déterminés par nos gènes? Quelles sont les applications des connaissances actuelles du génome? Quels espoirs, quels risques et quelles craintes sont soulevés par les avancées du génie génétique? Tous ces progrès technologiques ont suscité de nouvelles questions. Est-il légitime que certains animaux et plantes servent d’usines à médicaments? Le maïs peut-il impunément être rendu résistant aux insectes et aux herbicides? Le clonage est-il une promesse ou une menace? La discussion n’a conduit à aucune réponse tranchée, blanche ou noire, susceptible d’imposer une vérité absolue. Gageons que les sept jeunes suissesses ont complété leur perception du fonctionnement de la science et pris conscience de la vision contemporaine qu’ont les chercheurs de leur métier.

D’autres échanges scientifiques à venir

Chaque instant de ce séjour fut un enchantement! Le Paris culturel a côtoyé avec bonheur le Paris scientifique. Il reste les contacts et les amitiés noués au cours de ce voyage. Les participants au programme PROVOC suisse sont d’ores et déjà invités à Turin par leurs homologues transalpins. La Science Académie souhaite la poursuite d’une collaboration, avec la visite possible d’une délégation parisienne à Neuchâtel!

 

Texte: Jacques Ducommun, Dr ès science, coordinateur du PROVOC suisse

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