La photo fait son cinéma

Rien de plus simple que de prendre une photo avec ton téléphone portable. T’es-tu déjà demandé/-e comment on faisait avant l’invention de la photographie numérique? A l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), des enfants de 11 à 13 ans se sont amusés pendant trois après-midi avec les anciennes techniques de photographie. Ils ont fabriqué leur propre appareil photo, fait apparaître leurs images sur du papier grâce à la chimie et même créé un petit film d’animation!

Le cyanotype est un ancien procédé photographique qui permet d'obtenir des tirages bleus.

Un cyanotype, une sorte de photographie, plongé dans un bac d’eau vinaigrée. (Image: Bureau de l’égalité des chances, EPFL)

 

Un appareil photo fabriqué avec du carton, une lentille et du papier noir.

Les enfants fabriquent leur appareil photo pendant l’atelier. (Image: Bureau de l’égalité des chances, EPFL)

Ecrire avec la lumière

Océane, qui participe à l’atelier organisé au Bureau de l’égalité des chances et de la promotion des sciences auprès des jeunes à l’EPFL, s’étonne qu’on puisse «fabriquer soi-même un appareil photo». Son appareil photo se compose d’une boîte en carton noir percé d’un petit trou recouvert d’un couvercle. Derrière le trou, il y a une lentille (comme un verre de lunettes) qui dirige la lumière vers une feuille de papier sensible à la lumière. Faire de la photographie, c’est écrire avec la lumière (du grec photos lumière et graphein écrire). A l’extérieur, les enfants prennent une photo en laissant brièvement entrer la lumière dans la boîte par le trou. Dans une pièce sans fenêtres éclairée avec une lampe rouge, ils plongent le papier dans un bain révélateur et une image apparaît, comme par magie. La «magie» c’est la lumière qui écrit avec une «encre invisible» en réagissant avec les produits chimiques contenus dans le papier. Le révélateur rend visible cette écriture sur le papier: plus le papier a été exposé à la lumière et plus il devient noir. On obtient une image inversée: un négatif! Lynn affirme qu’elle «aime bien développer les photos dans le révélateur».

 

Fabrication d'un mélange photosensible à peindre sur du papier.

Les enfants mesurent les produits chimiques sensibles à la lumière. (Image: Bureau de l’égalité des chances, EPFL)

Du papier photo fait maison

Dans le vieil appareil photo de tes parents, on mettait une bobine de pellicule transparente sensible à la lumière qui donnait ainsi des négatifs. Pendant l’atelier, les enfants font une photocopie de leur négatif sur une feuille de plastique transparent ou dessinent au feutre noir sur une autre feuille. Ensuite, ils réalisent un cyanotype, une sorte de photo dont le principe date de 1842. Protégés par une blouse et des lunettes de chimiste, ils mesurent et mélangent des produits chimiques, puis badigeonnent du papier à aquarelle avec leur mélange photosensible. A ce sujet, Louis déclare qu’il «aime utiliser les produits chimiques pour faire du papier sensible à la lumière». Une fois le papier sec, les enfants fabriquent un «sandwich» avec un carton, leur papier photo, leur négatif et une plaque de plexiglas. Après avoir exposé pendant quelques minutes le «sandwich» sous des lampes UV, ils plongent le papier dans de l’eau vinaigrée. La photo apparaît cette fois en positif, le papier devient bleu là où la lumière a traversé le plastique transparent. Emilie s’exclame avec enthousiasme: «C’est vraiment génial!»

 

Dessin du mouvement d'un personnage décomposé en séquences

Une participante dessine au feutre un personnage qui lève les bras. Placée dans le zootrope, cette bande de papier créera l’illusion du mouvement. (Image: Bureau de l’égalité des chances, EPFL)

Faisons du cinéma!

Pour faire un film d’animation, il faut des dessins que l’on fait défiler rapidement pour donner aux yeux l’illusion du mouvement. Pendant l’atelier, les enfants décomposent le mouvement d’un personnage dans les cases d’une bande dessinée qu’ils développent en cyanotype. Ils bricolent un zootrope, petit appareil formé d’un tambour percé de fentes dans lequel ils placent leur bande dessinée. En faisant tourner le tambour assez vite, la bande dessinée devient un dessin animé! En regardant à travers une fente, on ne voit qu’une seule image à la fois. Chaque image reste inscrite brièvement sur la rétine, la surface sensible à la lumière qui se trouve au fond des yeux. Lorsque la deuxième image arrive, le cerveau comble le manque d’informations entre les deux images par ce qui lui semble le plus vraisemblable. Ainsi naît l’illusion du mouvement, la même qui transforme une suite de photos en «photos animées» lorsque tu regardes un film au cinéma.

 

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dino a écrit:

chouette cet article