Quand les oiseaux partent en voyage

Lors de leur première migration, les oiseaux se retrouvent à chaque étape dans une région qui leur est totalement inconnue. Chez beaucoup d'espèces, chaque individu migre seul vers le sud. Que ferions-nous, si nous entreprenions un voyage de plusieurs mois? La comparaison qui suit nous aidera à mieux comprendre les problèmes qu'un oiseau migrateur doit résoudre.

Dessin oiseau en avion

Quand les oiseaux partent en voyage! (Image: Julos/CanStockPhoto)

Où va mener le voyage?

Nous sommes libres de choisir une destination à n'importe quelle distance et dans quelque direction que ce soit. A l’aide d'internet, de livres, de photos ou de récits d'amis, nous pouvons imaginer ce qui nous attend. Nous pouvons aussi choisir la saison appropriée.

Un programme inné indique aux oiseaux migrateurs quand ils doivent se mettre en route, quelle direction prendre et quelle distance parcourir pour atteindre leurs quartiers d'hiver. Ils «savent» alors ou mène le voyage mais si ce sont des jeunes nés dans l'année, ils ne peuvent se faire d'idée précise du trajet ou du lieu qui les attend.

Quelle route choisir?

Pour arriver à destination, nous nous servons de cartes, d'horaires, de signaux indicateurs ou d'une boussole. Souvent, lorsque nous prenons le train, l'avion ou le bateau, nous faisons confiance à des spécialistes connaissant bien le trajet.

Les oiseaux migrateurs ont un sens inné de la direction à prendre et ils s'orientent d'après les étoiles, le soleil ou le champ magnétique terrestre. Chez quelques espèces seulement, les jeunes suivent leurs parents ou d'autres oiseaux expérimentés.

Que faut-il emporter?

Pour la plupart des voyages, nous n'emportons que quelques habits et de l'argent. Nous pouvons réserver un logement à l'avance, achetons la nourriture sur place ou allons manger au restaurant. Une tente et des vivres ne sont nécessaires que pour se rendre dans des régions inhabitées.

Les seuls bagages d'un oiseau migrateur sont ses réserves énergétiques, à savoir les dépôts adipeux (masse jaune en haut et en bas du muscle pectoral rouge). L'oiseau «sait», de manière innée, combien il lui faut de graisse pour la traversée de régions inhospitalières.

Colonie de manchots à aigrettes

Ces gorfous, ou manchots à aigrettes, ne volent pas mais se déplacent sur de longues distances en nageant. (Image: kamtchatka/CanStockPhoto)

Où s'arrêter?

De nos jours, de nombreuses possibilités s'offrent à un voyageur pour passer la nuit et se ravitailler: hôtels, restaurants, auberges de jeunesse ou campings. Des aliments nous sont même proposés en route, dans le train ou dans l'avion.

L’oiseau en chemin a parfois besoin d’aires de repos où il peut recharger ses réserves de graisse. Pour certaines espèces, ces aires de repos sont de petites îles dispersées en mer et sont parfois des zones qui leur conviennent mal et pouvant même être dangereuses.

Des imprévus!

Nous sommes en mesure de surmonter seuls la plupart des difficultés imprévues. Si nous ratons un train ou un bus, un horaire nous indiquera le prochain. Le mauvais temps peut gâcher notre humeur mais ne présente généralement pas de risque majeur. S'il nous fait renoncer à une randonnée, il ne nous empêche pas de prendre le train ou la voiture.

Les conditions météorologiques sont très importantes pour les oiseaux migrateurs. Bien que le vent puisse les déporter, ils arrivent en général au but en choisissant des vents favorables. D'autre part, la recherche de nourriture est difficile par mauvais temps. Si les lieux d'escale ont disparus, le voyage doit continuer. Les réserves de graisse seront-elles encore suffisantes?

Attention danger!

Si nous sommes victimes d'un vol, nous pouvons demander de l’aide à une assurance, une ambassade ou un consulat. En cas d'accident, un médecin est, en général, rapidement sur place. Si nous sommes assurés de manière adéquate, nous pouvons même nous faire rapatrier en Suisse.

Un oiseau migrateur doit affronter seul tous les dangers. Ses réserves de graisse sont sa seule assurance; elles lui permettent de survivre un certain temps, s'il se trouve, par exemple, déporté dans une région inhospitalière par une tempête. Les oiseaux ne perçoivent souvent pas le danger d’être chassés ou capturés, et n'ont aucun moyen de défense.

C'est déjà occupé!

Si nous arrivons en pleine saison dans une région touristique, il est probable que tout soit déjà occupé: hôtels, restaurants, campings... Nous pouvons éviter de tels inconvénients en réservant à l’avance ou en nous adressant à l’office du tourisme local.

Les oiseaux migrateurs se concentrent également en certaines saisons, par exemple aux lieux d'escale ou dans les quartiers d'hiver, mais il n'y a pas d'agence pour s'occuper de la coordination. Toutes les espèces ne migrent pas en même temps et leurs préférences concernant biotopes et nourriture sont différentes; ainsi la compétition entre les espèces est moins aiguë.

Où trouver de l’aide?

Lorsque nous avons besoin d'aide en voyage, nous nous adressons à quelqu'un dans la rue ou à un office du tourisme. Si nous ne parlons pas la langue du pays, il est souvent possible de se faire comprendre par signes. D'autres touristes peuvent aussi nous aider.

Si un oiseau échoue pendant son voyage, il périt. Ainsi, la meilleure stratégie de migration a été sélectionnée pendant des siècles et transmise d'une génération à l'autre. Peu d'espèces migrent en famille ou en groupe, de sorte que les jeunes puissent profiter des expériences de leurs aînés.

Texte: Feuilles d'information pour la protection des oiseaux
© ASPO, Nos Oiseaux & Station ornithologique suisse.

Tu trouveras dans notre médiahèque un album avec quelques oiseaux familiers. Le site de la station ornithologique suisse est une mine d'informations.

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