Dans les labos et les favelas de Rio

En ce moment, le monde entier a les yeux rivés sur le Brésil à cause de la coupe du monde de football. Deux gymnasiennes de Neuchâtel se sont rendues à Rio de Janeiro en octobre 2013 dans le cadre d’un programme de vocations scientifiques, nommé PROVOC. Dans cet article, Ariadna Lemos de Oliveira relate le volet scientifique de leur séjour, à la découverte de deux maladies fréquentes dans les favelas. Beatriz Esteves décrit le contexte et l’institut où elles ont effectué leur stage et dans l’article «Un centre de recherches pour les défavorisés».

Le laboratoire d’étude de la maladie de Chagas au sein de la Fiocruz à Rio de Janeiro. C’est l’un des deux laboratoires où les lycéennes neuchâteloises ont effectué leur stage. (Image : © Ariadna Lemos de Oliveira)

Des parasites vecteurs de maladies

Notre stage s’est déroulé à la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz), un campus situé dans une favela de Rio de Janeiro. Dans les laboratoires de la fondation, nous avons principalement étudié des maladies parasitaires présentes au Brésil mais très peu connues en Europe. De la dengue, transmise par les moustiques, à la maladie de Chagas, véhiculée par les Triatominae (punaises), notre connaissance des parasites s’est enrichie! Le but de ces recherches est d’éradiquer ces deux maladies que l’on retrouve principalement dans les favelas.

Pièges à moustiques

Nous avons pu récolter des pièges à moustiques dans les habitations des Cariocas (n.b. habitants de Rio de Janeiro) pour ensuite savoir si ces insectes étaient contaminés par la dengue. C’est de cette manière que chaque semaine, les chercheurs de la Fiocruz procèdent pour essayer de trouver des moustiques porteurs de la maladie. Cela leur permet également d’établir des statistiques.

Des bocaux remplis de punaises

Ensuite, au sein des laboratoires spécialisés dans la maladie de Chagas, on nous a permis de voir des dizaines de bocaux remplis de Triatominae non infectés. Nous avons aussi pu observer du sang animal et même humain contaminé par le parasite qui habite cette punaise. Dans ce laboratoire, les chercheurs analysent le sang de patients probablement infectés afin de commencer leur traitement.

Deux maladies fréquentes dans les favelas

La Favela de l'Allemand est un bidonville au nord de la ville de Rio de Janeiro.

La favela de l’Allemand (Complexo do Alemão) au nord de Rio de Janeiro. (Image : © Ariadna Lemos de Oliveira)

La dengue se développe dans les eaux stagnantes alors que la maladie de Chagas se propage d’habitation en habitation, dans des quartiers généralement très pauvres et où l’hygiène est réduite. Nous avons eu l’occasion de marcher dans les ruelles étroites de la fameuse favela de l’Allemand (Complexo do Alemão). Cette visite a déclenché beaucoup d’émotions en nous car les différences entre cette favela et notre pays qu’est la Suisse, ou même le sud de Rio où nous avons logé, sont terriblement frappantes. Nous avons pu entre autres observer les bassins d’eau découverts favorables aux moustiques infectés par la dengue, vu des enfants vendre des bouteilles d’eau aux touristes mais boire de l’eau non potable et croisé de jeunes adolescents toujours souriants malgré leur vie si différente de la nôtre.

Un séjour très enrichissant

Nous avons découvert des maladies tropicales que nous ne connaissions pas ou très peu grâce aux expériences que nous avons faites. Nous avons été surprises par l’importance qu’ont la dengue et la maladie de Chagas au Brésil. Nous avons vu quels procédés les chercheurs utilisent pour repérer, analyser et tenter d’éradiquer ces deux maladies très présentes chez les Cariocas. Ce voyage nous a aussi permis de connaître une autre culture, une autre manière de vivre et de voir les choses. Toutes les personnes que nous avons rencontrées étaient très sympathiques, ouvertes et nous ont fait découvrir une partie d’un pays extraordinaire!

 

Texte: Ariadna Lemos de Oliveira, étudiante au Lycée Jean-Piaget à Neuchâtel, décembre 2013.

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