Dans un laboratoire pharmaceutique à Bath en Angleterre

Les stages pendant les études sont utiles. Quand on peut les faire à l'étranger, on profite également d'approfondir sa connaissance des langues. Chloé, étudiante à l'EPFL en Sciences et Technologie du Vivant, nous parle de ses choix et de son expérience à Bath en Angleterre.

Bath en Angleterre
La ville de Bath en Angleterre est célèbre pour ses bains qui datent de l'époque romaine et aussi pour les études d'anglais. Mais elle a d'autres atouts: Chloé est en stage dans un laboratoire de pharmacie réputé à l'université. (Image: Ianwool Canstockphoto).

Comment suis-je arrivée à l'Université de Bath?

Au gymnase, j’adorais les maths, la physique et la biologie et j’avais envie de travailler dans le domaine de la santé. Les études à l’EPFL en Sciences et technologies du vivant se sont donc présentées comme évidentes pour moi. Voilà mon bilan après trois ans d’études: c’est super, j’adore, mais, je ne suis pas prête pour commencer le Master. Avant, il faut que je perfectionne mon anglais car c’est La langue des sciences. Les études restant très théoriques, j’ai besoin maintenant de voir et mettre en pratique ce que j’ai appris. Aussi, les études à l’EPFL sont très exigeantes, j’ai besoin d’une pause pour souffler. J’ai alors décidé de prendre une année de «congé» pour réaliser ce que je voulais. J’ai cherché un stage dans un pays anglophone, dans le domaine de la santé. Je suis donc arrivée en septembre pour trois mois à l’Université de Bath (en Angleterre) dans un laboratoire de recherche sur la peau et son implication dans certaines maladies.

Et concrètement, qu’est-ce qu’on fait dans ce laboratoire?

Chaque étudiant, doctorant ou scientifique de notre équipe gère ses propres recherches. Chacun de nous doit déterminer les expériences nécessaires et les réaliser. Si nous buttons contre un obstacle, le professeur peut nous aider, mais il est généralement très occupé, et parfois n’a pas, lui-même, la réponse à nos questions.

 

une protéine qui ressemble à Licko

Une protéine comme celle que j'étudie et que j'ai appelé Licko. Image: Copyright © 2008, by the American Society for Biochemistry and Molecular Biology

Le but de mon projet est de comprendre la fonction et les propriétés d’une toxine, une protéine toxique pour les humains (nommons-la, Likco). Likco se trouve dans certaines bactéries responsables de maladies comme le choléra ou la coqueluche. Si nous arrivons à comprendre le fonctionnement de la protéine Likco, nous pourrions alors perturber sa fonction ou sa structure, ce qui entraverait donc son bon fonctionnement. Nous obtiendrions alors une nouvelle façon de traiter ces maladies graves qui font encore beaucoup de victimes aujourd’hui. Mais nous sommes encore loin de cet objectif aujourd'hui.

 

au laboratoire

Me voilà au labo, je tiens un erlenmeyer qui contient le milieu où je cultive les bactéries. Les tubes sous l’erlenmeyer contiennent les protéines Likco purifiées (invisibles à l’œil nu!).

 

Actuellement, nous voulons obtenir des répliquas de la protéine Likco. Afin d’obtenir une grande quantité de protéines, nous clonons des bactéries qui contiennent la protéine. Ensuite nous détruisons les parois des bactéries pour récupérer tous les composés, dont Likco. Nous pouvons donc ensuite extraire Likco, en combinant plusieurs techniques. D’abord, nous isolons uniquement les composés de la même taille que Likco, puis, une autre méthode permet d’isoler tous les composés qui ont une étiquette particulière. L’étiquette, une suite d’acides aminés connue, avait été ajoutés au préalable à Likco par des méthodes de biologie moléculaire afin de pouvoir l’extraire. Nous avons donc obtenu un échantillon qui contient uniquement des protéines Likco à haute concentration. Nous sommes prêts pour la prochaine étape, la cristallogenèse: nous allons transformer Likco en cristal pour pourvoir étudier sa forme.

 

Où cela me mène-t-il?

Mon stage dans ce labo est très intéressant et me permet de me rendre compte que ce que j’ai appris est réellement utile! Un nouveau pays, une nouvelle université, des nouvelles connaissances, c’est très enrichissant. Je poursuivrai mon année de «congé» par un stage auprès d'une ONG qui développe des couveuses pour les nouveau-nés prématurés, appropriées aux pays en voie de développement et j’irai pour une partie du stage en Afrique.

 

Texte: Chloé Allemann, étudiante à l'EPFL en Sciences et technologies du vivant, novembre 2014.

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