To beef or not to beef: de la viande en pipette dans nos assiettes ?
Et si je vous disais qu’aujourd’hui, on peut produire 175 millions de steaks à partir des cellules d’une seule vache ! Cette idée, qui semble un peu venir du futur, est aujourd’hui possible grâce à la culture de viande in vitro, c’est-à-dire, la culture de viande en laboratoire…
Au laboratoire, les scientifiques ont réussi à multiplier des cellules de muscle, donc à «cultiver» de la viande. (Image: CanStockPhoto/tommaso79)
Pourquoi de la viande de laboratoire plutôt que de la viande d’élevage ?
Nous sommes de plus en plus de bouches à nourrir sur Terre, dû aux avancées de la médecine et à l’amélioration de nos conditions de vie. Avec l’industrialisation de l’agriculture, la viande est devenue meilleure marché et nous avons pris l’habitude d’en manger plus. Pour répondre à l’augmentation de la demande, les élevages intensifs se sont multipliés: ce sont des troupeaux de vaches, moutons, volailles en grand nombre… qui occupent des terres et consomment aussi beaucoup d’eau !
Ces grands troupeaux utilisent donc beaucoup de ressources naturelles, qui sont limitées et essentielles pour nous. En effet, pour produire 1 kg de bœuf, on doit utiliser environ 15 000 l d’eau !! De plus, le bétail émet de grandes quantités de gaz à effet de serre, notamment de méthane, qui participent au réchauffement climatique. Ainsi, de nombreux chercheurs se sont mis en quête de trouver de nouvelles solutions pour produire plus de viande - accessible à chacun quel que soit son budget - tout en limitant la pollution et préservant les ressources ! Mais en quoi la culture de viande in vitro répond-elle à ces critères ?
La culture de viande en laboratoire, comment ça marche ?
La méthode utilisée pour cultiver de la viande in vitro (Image: CanStockPhoto/Lilkin)
Depuis 2013, des chercheurs ont réussi à concevoir des « steaks » de viande en laboratoire. La technique est assez simple à comprendre (voir dessin ci-contre). On prélève à l’aide d’une seringue des cellules dites « souches » qui proviennent des muscles d’une vache. Ces cellules sont ensuite déposées dans un milieu de culture, pour qu’elles se multiplient et grandissent. Ce milieu est composé d’hormones nécessaires pour que les cellules deviennent des fibres musculaires. Il contient également des antibiotiques, qui les protègent des contaminations accidentelles. Ces fibres sont des cellules en tubes, constituées de petits filaments cylindriques, qui leur permettent de se contracter. Elles vont ensuite être compactées pour former l’équivalent d’un véritable steak qu’on aurait eu normalement à partir d’une vraie vache.
Contrairement à l’élevage d’animaux pour l’instant, le fait de cultiver de la viande dans des boîtes en laboratoire nous éviterait d’utiliser des terres. On utiliserait aussi moins d’eau et d’énergie puisqu’on n’aurait pas besoin de nourrir les bêtes. On éviterait également la libération de méthane dans l’atmosphère. En plus, on aurait moins de problèmes de santé causés par les maladies et les bactéries qui affectent les bêtes. Et oui, en laboratoire, on peut s’assurer plus efficacement que les cellules ne soient pas contaminées !
Le problème avec cette solution miracle…
Le point positif dans tout ça, c’est qu’on pourrait produire suffisamment de viande sans tuer d’animaux d’élevage. Le point négatif, c’est que beaucoup d’éleveurs de bétail perdraient leur emploi ou devraient se réorienter. En plus, les conséquences de l’utilisation de tels hormones et antibiotiques sur notre santé n’ont pas encore été déterminées. Cela pourrait favoriser les cas de résistance aux antibiotiques, qui se multiplient déjà de manière inquiétante. Enfin, est-ce-que vous accepteriez de manger un steak qui ne vient pas d’un animal et qui n’a sans doute pas tout à fait la même texture que ce que vous avez toujours mangé ? Voici quelques-uns des défis à résoudre pour cette technique qui vous parait peut-être sortir d’un film de science-fiction…
A ce stade, il est peut-être utile de rappeler qu’un élevage modéré fournit un engrais naturel pour les cultures et participe à l’entretien des paysages, notamment en freinant la progression de la forêt. Par contre, l’élevage industriel contribue à la dégradation de notre planète. Pour cela, adapter ses comportements et ses gestes quotidiens est très important ! Par exemple, manger moins de viande permettrait de ne pas devoir en produire trop et de polluer. En plus, c’est meilleur pour la santé !
Le sujet de cet article provient d’un poster effectué dans le cadre du cours 2018 «Enjeux Mondiaux» du Collège des Humanités (CDH) que suivent tous les étudiants de 1ère année de l’EPFL. Chaque année, c’est plus d'un millier d'étudiants et étudiantes qui participent à ce cours, axé sur six thèmes: santé, climat, alimentation, énergie, communication et mobilité. Ce poster fait partie des quatre meilleurs.
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